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  1. Tshopo : Les agriculteurs familiaux debout pour faire diminuer les importations alimentaires.

Tshopo : Les agriculteurs familiaux débout pour faire diminuer les importations alimentaires

Il s’est tenu ce mardi 13 juillet 2021, en la salle Saint Laurent de la Caritas Kisangani, une rencontre des organisations paysannes sur la décennie de l’agriculture familiale décrétée de 2019 à 2028 par les nations unies. Cette sensibilisation a été organisée par l’union paysanne pour le développement de Kisangani, UPDKIS en sigle.

La province de la Tshopo est reconnue potentiellement comme un des géants agricoles de la République Démocratique du Congo. Elle a même le potentiel pour jouer le rôle de moteur de croissance. De ce fait, les agriculteurs familiaux de la RDC peuvent contribuer à faire diminuer les importations alimentaires en hausse sans cesse en RDC, en dépit des volontés manifestes actuelles du gouvernement congolais à revoir à la baisse les prix des surgelés.

Pour ce faire, la société civile agricole de la province de la Tshopo propose des actions concrètes avec des résultats importants pour une durabilité de développement de l’agriculture familiale.

A l’issue de la projection du film intitulé « Paradoxe de la Faim dans le monde », cas de la Bolivie, l’Ethiopie et la RDC qui regorgent un pourcentage élevé des populations qui dépendent de l’agriculture. Mais Hélas ! c’est bien ces trois pays qui accusent un taux élevé des malnourris. Les participants déplorent les politiques publiques congolaises qui sont tournées depuis lors, vers les importations alimentaires au grand dame de la production agricole interne. D’où la forte mobilisation souhaitée pour élaborer une feuille de route en faveur de l’agriculture familiale qui sera proposée au gouvernement congolais. La société civile agricole de la province de la Tshopo se rend compte que les autorités congolaises planifient et s’organisent pour fabriquer des pauvres au pays.


Halte à l’agriculture aveugle

Ingénieur Delphin MAZOMBO, secrétaire exécutif de l’UPDKIS a éclairé l’assistance, chiffres et réalités à l’appui, sur les bonnes raisons de s’intéresser à l’agriculture familiale. « Cette agriculture joue un rôle majeur dans la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté. Elle offre de la nourriture à plus de 60% des gens au monde», rapporte Acteur du monde paysan. Outre l’emploi de 40% de la population active cette agriculture familiale est bien une réponse face aux perturbations climatiques, ajoute-il.

Grande est la surprise des animateurs de la société civile agricole de Kisangani d’entendre que la plupart des populations pauvres sont de petits producteurs familiaux. Selon l’ONU, 10% des populations de la planète souffrent de faim. Face à cela, les organisations paysannes de la Tshopo se disent vouloir en finir avec “l’agriculture aveugle” en passant d’une agriculture familiale de subsistance à celle puissante, moteur de développement économique, pôle de croissance soutenue, en levant les barrières.

Les organisations paysannes de la Tshopo restent convaincues que la création des conditions qui encouragent le développement de l’agriculture offrira aux agriculteurs familiaux les impulsions nécessaires pour déclencher toute leur énergie, ingéniosité et résilience.

Le gouvernement congolais a annoncé son intention d’augmenter à plus de 10%, le budget public pour le secteur agricole. Une autre volonté est celle du gouvernement provincial qui a produit le plan provincial d’investissement agricole (PPIA, 2020-2024) de la province de la Tshopo à l’issue des états généraux de l’agriculture organisés l’année dernière.

Une révolution alimentaire

Quadratus MUGANZA, président de l’UPDKIS a abordé sur « la décennie de l’agriculture familiale 2019 – 2028 ».L’assistance s’est rendue compte que, dans beaucoup des politiques et actes du gouvernement, ce sont les agriculteurs familiaux qui en sont souvent des victimes.

Dans la foulée des réalités partagées au cours de cette séance, il y a les « retro-commissions », pot de vin, que certains officiels bénéficient auprès des importateurs à chaque kilo de vivre frais vendu. Les produits d’exportation (coton, caoutchouc,…) intéressent plus l’Etat que les cultures de la sécurité alimentaire assurées par les agriculteurs familiaux. « Ce qui se passe, est tout simplement la continuité de la colonisation au Congo, assurée et perpétrée par des multinationaux dans une complicité ouverte des autorités du pays », réagit ainsi Faustin Kinzonzoli, président de l’APILAF.

« Si 70% des congolais qui vivent de l’agriculture familiale, arrivent à être soutenu, le trésor public aura plus des moyens de développement du pays », croit dur comme fer, Augustin KIBAYA, de l’union des ingénieurs agronomes. André SAFARI point focal du groupe de travail climat REDD, GTCR de lancer cet appel, « l’heure est venue pour que les OPA renforcent leur plaidoyer, pour que cette fois, leurs voix puissent parvenir au sommet de l’Etat, en assurant une veille sur les actes que posent les agro industriels qui excellent avec des pratiques mafieuses ». « Il faut faire une révolution alimentaire contre les produits importés. Mangeons ce que nous produisons », soutient Maman FUNDI du réseau des éleveurs de Kisangani.

Ernest MUKULI
Les dépêches de la Tshopo.
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